Et la lumière et le miel furent

Lundi soir, je me suis laissée embarquer à un cours de Torah par ma copine R.

J’ai toujours envie d’entendre des mots de Torah, mais j’avoue qu’en ce moment, une fois le soir venu, mes forces physiques et spirituelles m’abandonnent. Le syndrome de la flemme s’empare de moi: « oh puis non pas la force de sortir là ». Ca me fait le même effet que pour aller à mon mikvé mensuel, à l’exception près que pour le coup : y à no way ; pas moyen ; aucune excuse ; quand faut y aller faut y aller ; voilà, vous avez compris le truc.

Donc tout à commencé à chabat, après notre cours sur la téfila de la Amida, R. me propose de l’accompagner à un cours spécial Roch Hachana. Elle me brosse vite-fait le portrait de la rabbanite Esther Oury (jamais entendu parler) et me raconte son expérience étonnante. Je suis toute ouïe. La rabbanite aurait un don pour sonder les personnes et ressentirait des choses précises sur leur présent et leur devenir. Je sens alors une vague d’angoisse m’envahir le corps et la tête. J’ai malheureusement eu une très mauvaises expérience avec une personne qui portait une kippa et qui m’a « révélé » des choses dérangeantes et fausses sur ma vie. Bref, maintenant, comme une gosse qui a été piquée par une abeille,  j’ai bêtement peur d’aller à la rencontre de gens inspirés ou non d’ailleurs, bien ou mal intentionnées. Mais sans pouvoir véritablement l’expliquer, j’ai gardé ça dans un coin de ma tête, jusqu’à lundi soir 19h15 où je me suis décidée à y aller.

Roch Hachana, quand même me suis-je dit : c’est dans quelques jours à peine, je me sens quelques peu perdue en ce moment, j’avoue, avec toutes les épreuves que j’ai eu cette année (santé et parnassa), ça pourrait me redonner confiance et m’apporter un peu de lumière pour la nouvelle année.

Alors, alors nous voilà en route pour Ramat Aviv que je ne connais pas vraiment au demeurant. Résidentiel, propre, structuré, net, désertique ; pourquoi pas, à condition d’avoir une voiture. On arrive au pied d’une tour. La salle de réception du lobbying est éclairée, ce doit être là.

Depuis l’extérieur, j’aperçois une magnifique table de séouda. Une fois passé le perron de la porte d’entrée, j’entrevois la rabbanite Esther Oury de loin à travers la baie-vitrée. Elle discute avec l’organisatrice de la soirée. J’ai ressenti une forte énergie qui m’a mise d’emblée mal-à-l’aise. Étais-je prête à recevoir ? N’étais-je pas trop fragilisée par tous les événements de l’année passée ? Allais-je craquer et fondre en larmes au premier mot qui résonnerait en moi ? 

Je pénètre dans la salle emplie de lumière et de belles femmes, très élégantes.

Je la vois ; assise et prête à commencer le shiur.

Il reste quelques chaises dans le fond. C’est parfait, ça me va. Je vais pouvoir me cacher derrière leurs jolis chapeaux. Mais non ça ne sera pas aussi facile : « rapprochez-vous mesdames, venez vous installer plus près », nous invite-t-elle à faire avec une voix à la fois énergique et chantante.

Il se dégage d’elle une aura de connaissance absolue. Je suis impressionnée, je le concède.

Tout au long du cours, elle interpelle des femmes. Elle les bouscule. Leur assène des « vérités ». Oui ça à l’air d’être vrai, elles sont gênées et ne lui répondent pas forcément.  Alors elle persiste et signe, elle remue le couteau dans la plaie pour les faire réagir. Oui, ça marche ! Ca a vraiment l’air d’être des vérités tout ça dis-donc. J’observe la scène avec de grands yeux, là un peu en retrait de toutes. Je suis d’abord étonnée, et bientôt intéressée, très intéressée. Son cours plein de vigueur et de lumière se déroule comme ceci, ponctué d’interpellations multiples. Une femme s’est mise à pleurer. Elle se reprend et avoue que ses propos sont justes. Oye vay voy !!!!!! Ca y est, j’ai la boule au ventre et espère que mes craintes ne vont pas se réaliser. Ouf, je passe à l’as. Et bizarrement, je suis surprise de ressentir une légère déception. J’avais peut-être inconsciemment envie d’être bousculée moi aussi. Mais ce n’était pas mon moment.

Le shiur est parfaitement mené. Très clair, structuré, d’une portée spirituelle éblouissante, le tout enrobé de bonté (le rêve!). Chaque mot, chaque idée m’a touchée. Je vous fais saliver là. Et je tarde un peu à rentrer dans le vif du sujet. Bien-sûr je vais partager avec vous certaines de ses idées et ses précieux conseils pour Roch Hachana. Mais je n’ai pas enregistré le cours, et finalement, je vais vous transmettre uniquement ce qui m’a frappé, ce que j’ai digéré et que je vais vous reformuler avec mes mots, qui sont loin d’être ceux de la rabbanite Esther. En sommes, lisez par curiosité, mais allez la voir bientôt sdv par vos propres yeux et l’entendre de vos propres oreilles.

Roch Hachana : quelques idées et segoulot à retenir (d’après le shiur de la rabbanite Esther Oury de Tsfat)

Pour commencer, nous sommes encore en Eloul, le mois de la préparation à Roch Hachana et Kippur.

Alors, oui on fait l’effort de se lever tôt pour lire les selihot. On effectue le bilan de nous-même.

Et on se pose des questions simples mais majeures :

Où en sommes-nous ? Où avons-nous envie d’aller et comment s’en donner les moyens ?

Evidemment, quand l’heure de la rétrospective sonne, on n’est pas très confortable. Pourtant, il s’agit d’un travail vital. Repassez-vous le cours de l’année écoulée dans votre tête. A partir de ce soir (il reste 13 jours avant Roch Hachana), passez au crible le mois de Tichri de l’année dernière :

Où étiez-vous pendant les fêtes ? Avec qui ? Comment ça s’est déroulé ?

Demain soir, passez au mois de Hechvan (novembre), puis chabat à Kislev etc, etc… pour arriver bientôt veille de Roch Hachana.

Posez-vous un peu, ne vous focalisez pas que sur le négatif ou le douloureux. Accepter de regarder le positif, les jolies choses, et qui sait peut-être, reconnaître la part de miracles dans certains autres épisodes. Aimez-vous un peu plus déjà avant de vous juger. Et dites-vous que l’année n’est pas finie. Il reste 13 jours, alors priez pour que toutes vos demandes passées l’année précédente se réalisent, là, maintenant !

Et commencez à vous poser les bonnes questions :

Qu’allez-vous demander pour cette année ? Non mais vraiment, savez-vous ce que vous souhaitez ?? Ahahah vous voyez que tout cela mérite réflexion. Et que l’on ne s’improvise pas comme ça le jour d’aleph Tichri.

Quels sont les 3 piliers de nos vies ?

La santé (qui englobe tout, la vie, la santé morale, mentale, spirituelle, physique), la parnassa (la subsistance matérielle essentielle), et les enfants (notre devenir, AM Israël et oui ce n’est pas pour rien que l’on dit que chaque maison juive est une Jérusalem miniature.)

Ca y est ? Vous êtes fins prêts à rentrer dans Roch Hachana ?

Préparez le maximum de choses avant shabbat afin que votre journée de dimanche soit sereine.

Faites un  pain non tressé en forme de boule. Car la boule est à l’image d’un cercle qui tourne en continu tel que le cycle de la vie. Il est en opposition avec le carré qui symbolise le foyer. Nous avons tendance à nous cogner et à rester bloquer dans ses coins. En sommes, nous restons souvent enfermés dans nos croyances et nos prises de position, aveugles de ce que peut ressentir l’autre, notre conjoint. Le passage au cercle permet de nous remettre dans la roue de la vie et nous sortir de notre soit-disant « confort », si inconfortable finalement.

Pour votre table, choisissez des pommes non acides, goûtez-les, vérifiez-les.

Placez une tête de poisson, symbole de la tête, du haut de toute chose, car la vue d’avion, le fait de prendre de la hauteur, du recul sur chaque détail ou événement est essentiel pour votre équilibre. Cela vous permettra de vous souvenir qu’il faut chercher à voir le bon en chaque chose.

L’après-midi qui précède l’entrée de Rosh Hashana, on fera la téfila de Minha. Elle englobera toutes les téfilots pas et mal faites pendant l’année. Quelle belle opportunité de réparation !

Allumez vos bougies de Yom Tov (sans oublier une bougie de 48 heures) en faisant la braha suivante : « Barouth ata hachem …..chel yom hazikahon » suivi de la braha « chirianou ».

Faites très attention à votre bouche pendant tout le yom tov. Peu ou pas du tout de discussions futiles est vivement recommandé. D’ailleurs, l’année qui arrive 5780 est placée sous le signe de la bouche. 80 a la valeur numérique de פ, soit פה (pé) la bouche.

Après la shoul, accueillez votre époux et vos enfants en leur disant : « Tékatev vé tehatem » « Que ton nom soit scellé dans le livre de la vie ».

Retirez-vous seule avec votre mari en Iroud dans la chambre à coucher. Exprimez-vous. Formulez conjointement vos demandes et souhaits pour l’année à venir.

L’heure du kiddouch est arrivée. 

Pendant tout le yom tov, bénissez les gens au maximum.

 Lisez des téhilim autant que faire se peut, le soir (oui aussi le soir), la journée. Organisez une chaîne de 15 personnes et répartissez-vous le livre afin de pouvoir le lire 2 fois.

On ne dort pas tard le matin de Roch Hachana. On ne fait pas non plus de sieste. On ne lézarde pas un jour de dhin (jugement). On ne s’endort pas devant son Roi, ni sur sa vie qui se joue là, maintenant. On formule nos demandes. On répète. Et on répète.

On essaye de convenir avec nous-même de prendre cette année une mitsva et/ou mida tova supplémentaire. Allez, faites un petit effort…

Le matin de Roch Hachana, on va écouter le shofar, et entre chaque pause du shofar, on exprime, en silence, nos demandes avec force et volonté. On sait ce qu’on veut. On s’est préparé pour le savoir. On est convaincu de ce que l’on veut. Alors allez-y, demandez avec conviction et concentration. Avec la mitsva du shofar, vous êtes dans, sous, sur (je sais pas où, mais vous y êtes) la braha et rien ne pourrait vous être refusé…

L’après-midi lisez des téhilims

Je voudrais maintenant vous rapporter les propos du Rav Ethan Galam entendus à la séouda chlichit de chabat dernier. Indulgence, son shiour était quasiment qu’en hébreu, j’ai fait de mon mieux pour en saisir l’essentiel :

Pourquoi fête-t-on la nouvelle année avant de faire kippour ? On pourrait imaginer que ce devrait être le contraire ? D’abord on se repent, on fait téchouva et ensuite on rentre dans la nouvelle année tout beau tout propre (c’est moi qui parle comme ça hein, pas le rav).

Et bien non, car pour vous donner un exemple concret, comment voulez-vous qu’un enfant qu’on a engueulé ait suffisamment confiance en lui pour formuler des demandes ? Voilà voilà, ça se passe de commentaire, n’est-ce pas ?

Alors aimons-nous un peu plus pour Roch Hachana, on aura tout le loisir de se morfondre à Kippur et demander humblement pardon. Et arrêtez avec vos messages bidons de Mehila à n’importe qui. On ne demande pardon qu’aux personnes qu’on sait avoir offensé, blessé. Et vous savez très bien de qui il s’agit.

Je vous souhaite une merveilleuse année emplie de lumière et d’amour, avec les 3 piliers que sont la santé, la parnassa et les enfants (leur bonne éducation et ++++++++). Je vous souhaite de la simha, du kiffe et un peu plus de limoud, d’étude de la Torah.

Shana Tova Oumétouka vé Gmar Hatima Tova

Post du 18 sept. 2019 (origine version wix du blog)

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