Bas les masques ! #CONFINEMENT #J16

On fait tout pour rire, s’occuper, rassurer ses petits loulous… Mais je vais prendre le droit de dire ici, et seulement ici, la vérité qui se cache derrière ce jeu de rôle. Nous ne sommes pas tous aussi bons acteurs que Roberto Benigni dans La Vie est belle.

Je dois avouer que depuis le douzième jour de confinement, j’ai commencé à ressentir une sensation étrange, une sorte de vertige d’irréalité. Bien que l’on demeure hyper-connecté, et que l’on cherche de plus en plus à fuir l’actualité qui tourne en boucle sur le mode RASRA ATOMIQUE, on se retrouve confronté à un enfermement sans limite précise dans le temps. Plus rien n’est sûr désormais …

L’humanité fait face aux 3 fléaux les plus terribles : l’ENNEMI INVISIBLE (virus pandémique), la menace de MORT susceptible de toucher tout à chacun et la RÉCESSION ÉCONOMIQUE MONDIALE en marche.

Cet ennemi invisible se propage comme une traînée de poudre. Personne n’est encore capable de contenir ce virus, de le maîtriser. Aucun Avengers à l’horizon pour nous sauver, aucun James Bond pour empêcher la pandémie de se répandre. Même le Mossad, la CIA ou toute autre agence du renseignement n’aura pu agir pour éviter notre tragédie.

Notre impuissance à l’échelle mondiale à pouvoir faire face à la menace invisible et meurtrière vient d’acculer notre civilisation. Nous sommes spectateurs impuissants de la fin d’une ère.

D’ailleurs, je remercie les profs qui font étudier, par syllogisme mal placé, l’extinction des dinosaures (comme si, on avait pas déjà assez à se creuser la tête pour rassurer nos têtes blondes) ; ou encore le Journal d’Anne Frank pour leur montrer que leur situation est finalement enviable (un adulte peut avoir recours à cette comparaison, mais franchement, les enfants y verront une nouvelle source d’angoisse venir s’ajouter à leur édifice d’incertitudes concernant leur futur imminent ; enfin voyons, nous sommes tous au courant que les petits ont cette capacité à s’identifier et à tout ramener à leur expérience personnelle. Bah oui, pas besoin d’avoir un doctorat en pédopsychologie  pour savoir que tous nos enfants feraient tous leur nuit dans leur lit sans cauchemars s’ils parvenaient à faire la distinction entre une histoire, imaginaire ou antérieure de leur réalité de leur « ici et maintenant »). Bref, Bref, Bref !!!!!

En faisant mon Alyah, je me préparais à la guerre classique avec son contexte anxiogène, sans oublier la menace d’une attaque bactériologique ciblée qui pèse en permanence sur nos têtes.

La géopolitique internationale délimite chaque conflit et nous permet d’anticiper certains événements ; même en temps de guerre mondiale, nombres de pays et de zones demeurent à l’écart des espaces de lutte et de ravage. Désormais, nulle part où se réfugier. Nulle part, il sera possible possible d’être le spectateur lointain d’une énième catastrophe naturelle, attentat ou guerre dévastatrice.

Le monde entier est à genou, abattu, à l’arrêt économique, replié en confinement dans l’attente de savoir si les symptômes du tant redouté virus se manifesteront ou non.

Dès que l’on se connecte aux médias, on découvre avec stupeur de nouveaux zéros s’ajouter aux milliers de contaminés et morts du bilan de la vieille. On passe notre temps à prendre des nouvelles de nos proches et de notre entourage à travers le monde, en priant de toute notre âme de ne pas avoir à se réveiller le lendemain avec la tant redoutée nouvelle d’une hécatombe familiale.

Nous voilà presque égaux face à la pandémie.

Et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre notre irréelle réalité et le célèbre épisode de notre Torah si actuel en ce Nissan Aleph (annonciateur d’un Lélaseder fort singulier cette année) : le confinement des bnei Israel, tous acculés dans leur maison, protégés par le sang de l’agneau répandu sur les portes pendant que la Mort rôde dehors en maître pour tuer les premiers nés Égyptiens.

Seulement ici, on ne se réjouira pas ; non, on s’inquiète pour nos peuples, nos concitoyens et amis en souffrance extrême physique perdus dans une solitude sans issue ; on pleure nos morts qui s’en vont un à un dans l’anonymat sans enterrement digne de nos fois. La Peur s’est invitée en Routspanit dans nos coeurs forts et nos esprits éclairés. Même en restant chez soi, le mal aura pu s’introduire en silence depuis des jours, contaminant le reste de la maisonnée. RasvéShalom !

Notre monde d’Hier s’est effondré en quelques jours seulement. L’impossible a eu lieu. Et l’on redoute de songer à ce que ressemblera le jour d’après.

Serons-nous encore là pour y faire face ? Comment parviendra-t-on à relever les défis de demain ?

La seule évidence est que la vie trouve toujours un chemin.

Alors chacun se rattache à l’immanence de son quotidien, s’évertuant à maintenir un cadre chaleureux et apaisant dans son foyer ; profitant de ce temps pour se concentrer sur l’essentiel et renouer avec soi-même et sa cellule familiale : se retrouver, laisser libre cours à son imagination, étudier, penser, prier le Ciel et avancer (pour certains dans sa Téchouva), … ; mais ce ne serait sans ignorer, les SDF, enfermés dehors, les personnes seules et désespérées, et toutes les mamans qui s’efforcent de maintenir la baraque dans le bon derech (droit chemin) en conciliant enfants (avec leur devoirs, leur caprices, leurs engueulades, leurs inquiétudes, leurs activités, leurs exigences), leur travail (à honorer en temps et en heure en espérant de ne pas être virée la semaine prochaine pour licenciement économique), à leurs incontournables tâches ménagères (sans oublier le tant redouté ménage de Pessah).

Mais au fond de nous se cache l’anxiété, la Peur qui ronge et gagne nos membres comme une gangrène.

On connaît les remèdes pourtant : la raison et la foi (bien qu’antagonistes pour certaines personnes), forces de notre esprit à repousser le sournois yetser ara. La fatigue émotionnelle due au confinement est un nouvel ennemi auquel on doit faire face. Pourtant, on est bien obligé de relativiser notre situation ô combien privilégiée face à celle de nos héros et héroïnes sur le front des hôpitaux, à la caisse des supermarchés sans parler des policiers qui font la chasse aux cancres qui se baladent dehors. 

Je n’ai pas encore vécu la shiva, mais je commence à ressentir les effets souhaités du confinement sur les endeuillés. Les jours passent et se ressemblent, et l’on ne parvient plus à se souvenir de certains détails. Seuls des impressions et ressentis flottent dans notre esprit. Un flou s’installe en nous. La frontière entre l’irréel et le réel s’efface peu à peu. Seulement voilà, le confinement risque de perdurer sur une durée indéterminée. Les gens commencent à s’inquiéter de péter un plomb à terme, et de se retrouver sans aucune ressource vitale.

A Rosh Hashana, on a prié avec ferveur pour demander à Hachem d’être inscrit dans le livre de la vie, d’être en bonne santé et de recevoir une parnassa honorable, nous permettant de faire face à nos quotidiens onéreux. Et voilà que les 3 piliers de la vie s’effondrent pour tant de personnes …

L’autre soir, j’avoue ne plus savoir lequel précisément, je fumais une clope (oui je sais, on nous à ne plus fumer, mais le stress ne me permets pas ce luxe de volonté et de détermination) sur la petite terrasse donnant sur la cours intérieure des immeubles alentours. J’écoutais de la musique sans écouteurs sur mon Spotify. Le mode aléatoire choisit une chanson au hasard (ou pas) Shema Israël interprétée par Uziya Tzadok.

J’avoue que des frissons m’envahirent le corps et qu’une larme chaude coula lentement sur ma joue.

Et un Ness (miracle) advint : je vis nombre de mes voisins sortir sur leur mirpésset et chanter à l’unisson, les mains sur le coeur pour certains. Je me levais en signe de reconnaissance et d’union à cette petite Jérusalem qui prenait vit sous mes yeux. La force et l’espoir illuminèrent mon coeur.

Ce fut mon premier contact social avec l’extérieur depuis des jours…

Merci et Am Israel Haï.

Que Hachem nous protège tous dans cette épreuve. Amen

Hodesh Tov Nissan à tous.

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