Interview de Sarah Ben, créatrice de l’association uinion des indépendants en israël

Je partage avec vous cette interview que j’ai eu le grand plaisir de réaliser sur le groupe FB et l’association Union des indépendants en Israël 🇫🇷🇮🇱 qui vient en aide aux indépendants franco-insraéliens en difficulté.

Rencontrer Sarah Ben a été un véritable cadeau : une jeune femme lumineuse, douce, sympathique dont l’ADN est le Hessed ; une battante qui a et continue à déplacer des montagnes pour soutenir toute personne en mal d’adaptation, en difficulté professionnelle…

Découvrez-la, lisez son message d’espoir et parlez-en autour de vous. On ne peut jamais vraiment savoir qui se retrouve en situation de danger. Les difficultés rencontrées, surtout en cette période de crise, sont gênantes pour certains d’entre nous, trop pudiques pour s’étaler sur ses problèmes.

Soyons toujours et encore plus unis et remercions Hachem pour mettre sur nos chemins des personnes aussi dévouées comme Sarah Ben et beaucoup d’autres (la liste est si longue…)

Oui l’Alyah peut être compliquée pour nombre d’entre nous, mais j’ai pu constater qu’à chaque embûche, j’ai assisté à des petits et grands miracles, et croyez-moi, sur tous sujets confondus.

Alors toda Hachem et à vous tous qui oeuvrent pour nous garder ici parmi vous enfin à notre place.

Hag Sameah & shabbat shalom 🙏💞

En avant-première, voici ci-dessous l’interview de Sarah Ben, créatrice du magazine Trouver en Israël et de l’association Union des Indépendants en Israël :

TOUS SOLIDAIRES, PARCE QUE L’UNION FERA NOTRE FORCE

Sarah Ben, devenue franco-israélienne à l’âge de 7 ans, est confrontée dès son arrivée à la situation géopolitique brûlante avec la Guerre du Golf, à de nombreux Intifadas, et en parallèle à cela, aux grandes difficultés d’adaptation de sa mère. De ces épreuves majeures, elle tirera sa force et en fera le combat de sa vie : aider les Olim Hadashim (nouveaux immigrants) à trouver leur place dans ce pays qui est le leur sans le connaître encore vraiment, et dont il faut conquérir le coeur avec volonté et amour pour y pérenniser son existence et sa descendance. 

Elle fait ses armes dans la création de magazines papiers, Jérusalem en Or, Tourist Pass, Israël mariages pour fonder en 2009, le célèbre site en ligne Trouver en Israël sorti en support papier depuis 2015, et de groupes/pages multiples toujours actives sur le réseau social Facebook pour créer davantage de lien, de connexion, de rencontre, de partage et d’échange entre les olim hadashim franco-israéliens et les israéliens de naissance. Au fil du temps, Sarah Ben s’entoure de plus en plus de personnes de sa trempe pour consolider ensemble les fondations de ce pont qu’elle a commencé à bâtir entre les cultures de la diaspora dès l’âge de 22 ans. 

Aujourd’hui, avec la crise sanitaire de la Covid-19 qui a ruinée tant de professionnels et donc de foyers désormais en situation de misère intolérable, Sarah et son équipe de mousquetaires s’engagent avec vigueur à venir au secours de cette communauté touchée, comme tout le reste du pays, de plein fouet par la paralysie économique.

La non-maîtrise de la langue et le désœuvrement qui en découle face aux démarches administratives complexes, surtout en cette période singulière de crise, sont en cause. L’urgence est à l’union, au soutien, à la bienveillance. Elle crée d’abord le groupe Facebook qu’elle intitule Union des Indépendants en Israël et qui, à ce jour, remporte déjà un franc succès avec plus de 2 000 adhérents en seulement quelques semaines. Sarah avait vu juste, les professionnels indépendants franco-israéliens ont bel et bien besoin d’un sérieux coup de pouce et de se sentir faire parti d’une même équipe pour survivre dans leur pays. “Tous pour un, et un pour tous”, voici donc la devise apocryphe des Mousquetaires d’Alexandre Dumas qu’elle se réapproprie et brandit comme l’étendard de la force de son groupe et de l’association éponyme, créé ce 26 mai 2020. 

Interview engagée et solidaire de Sarah Ben, qui allie les prières à l’action citoyenne pour que plus personne ne se sente isolé et contraint à la Yérida (le retour dans son pays de naissance).  

Quelle est votre vision de l’Alyah francophone actuelle ? 

Force est de constater que l’Alyah francophone a beaucoup évolué ces dernières années, et c’est une chance inouïe dont bénéficient les Olim Hadashim à présent. On prend tous pour acquis ce fabuleux tapis rouge que nous déroule le Ministère de l’Intégration Israélien avec son lot d’aides pour faciliter notre intégration. Vous pensez bien que nous n’avons pas bénéficié d’autant d’avantages à notre arrivée il y a 30 ans, en pleine Guerre du Golf, sans Dôme de fer, cela va s’en dire. Il fallait bien s’immerger dans le milieu israélien et se débrouiller tant bien que mal. 

Et voici, je crois, là où le bât blesse. Avec autant d’avantages, les Olim de France (pour certains, loin de moi l’idée de faire des généralités) n’ont pas fait de l’apprentissage de la langue hébraïque leur priorité absolue. Le risque à recevoir tant d’aides et à chercher à recréer à tout prix une petite France en Israël a conduit à de magnifiques intégrations d’une part, mais aussi à une forme de ghettoïsation de certaines villes ou certains quartiers d’autre part. Travailler en français est devenu, pour certains donc, une solution de facilité pour pallier rapidement au manque de la si vitale parnassa. Et personne n’est en droit de leur jeter la pierre. 

J’insiste simplement sur le fait que quel que soit sa façon d’aborder son Alyah, il demeure une règle en Or, celle de maîtriser l’hébreu le plus rapidement possible. Parce que, soyons honnêtes, sans la langue, votre montée en Israël peut très vite tourner au calvaire, et à la tant redoutée yérida, que j’ai très mal vécu pour ma part et que je ne souhaite de vivre à personne. On vient ici pour y rester et y fonder nos racines familiales. 

Qu’est-ce-qui vous a poussé à créer l’Union des Indépendants en Israël ? 

En temps normal, je suis sollicitée par des Olim en situation d’échec que je m’évertue à épauler, du mieux que je peux, en essayant de redresser la barre de leur situation professionnelle. 

Dès le début de la crise de la Covid-19, qui a donné lieu à une mise à l’arrêt totale de nos activités professionnelles, j’ai reçu des messages de désespoir. Tant de familles se sont retrouvées et se trouvent encore dans une situation de faillite, et donc de misère totale. J’ai appris avec stupeur le suicide de pères de famille acculés, dos au mur, sans pouvoir nourrir les siens. PLUS JAMAIS, Has vé-chalom ! Nous avons la chance, certes, d’être un peuple de l’entraide où le hessed règne en maître BH, mais face à l’envergure sans précédent de cette crise sanitaire qui secoue le monde, nous n’avons pas pu soutenir tout le monde, nous n’avons pas pu, non plus, entendre les isolés et les pudiques qui n’osaient pas demander de l’aide. A partir de ce moment-là, j’ai voulu créer en urgence un groupe Facebook et une association pour briser ce mur d’isolement inhumain derrière lequel beaucoup de gens souffrent en silence, pour développer la communication entre nous, établir un lien, une connexion permanente qui permette à ce que personne ne se sente plus abandonné. L’Union des Indépendants en Israël est né, et ce, grâce à la précieuse aide de bénévoles. 

Désormais, nous voilà devenus tous les acteurs à part égale d’une même famille, car “Tous pour un et un pour tous”. L’association du même nom a été ouverte le 26 mai dernier et constitue le moyen concret et efficace qui permettra à ceux qui sont tombés de se relever et rebondir vers un avenir plus serein, je l’espère. On sait bien, par expérience, et grâce à l’étude de notre Torah, que c’est dans les moments les plus obscurs que naît la Lumière. 

En quelques mots, quelle est la mission du groupe Facebook tout d’abord et de l’association éponyme créée dans la foulée ? A qui s’adresse-t-il ? Et comment prévoyez-vous d’aider les différents statuts d’indépendants, du commerçant en passant par le praticien de neurofeedback à la créatrice de bijoux ou encore l’orthophoniste pour n’en citer que 4 ? 

La mission du groupe Facebook Union des Indépendants en Israël est claire : regrouper les indépendants franco-israéliens pour leur offrir une visibilité notoire et leur permettre d’interagir les uns avec les autres. Il s’agit de tous ceux qui ont un statut de freelance avec un Ossek Patour (petites entreprises) ou un Ossek Mourche (moyennes entreprises). Nous nous adressons également à tous ceux qui dirigent des Hevrot (grands entreprises) et qui appartiennent à la grande famille des indépendants. 

Je suis si heureuse d’avoir appris que le groupe a déjà permis à certaines personnes de trouver du travail. 

Il est important de préciser que les indépendants sont des entrepreneurs, des créateurs d’emplois qui participent à faire tourner l’économie israélienne à plein régime et payent énormément de charges. Le but du groupe est de faire entendre leur voix. 

L’association, Union des Indépendants en Israël, a pour vocation de leur venir aide au niveau de la langue, de la bureaucratie dans leurs démarches juridiques et fiscales, de leur donner accès à une meilleure visibilité publicitaire dans la Presse et les réseaux sociaux avec une maîtrise en community management, et enfin, et non des moindres, leur apporter une aide financière substantielle pour se remettre sur les rails en donnant accès à des prêts à taux quasi nul. Cette association fait donc appel aux dons tout azimut du monde entier, de quiconque souhaite soutenir les indépendants Olim de France en situation de difficultée. Permettez-moi de faire référence au Choul’han ‘Aroukh qui vient expliciter l’une des mitsvot les plus importantes de notre Torah : “la charité est l’un des piliers sur lesquels repose le monde. Cette Mitsva a la force de pardonner les fautes et de repousser tous les mauvais décrets. C’est la seule Mitsva que l’on peut accomplir en demandant à Hachem qu’Il nous accorde une requête en échange.”

En tant qu’indépendant, comment faire appel à l’Union des Indépendants en Israël ? Comment ça marche ? 

La première étape est de venir s’abonner au groupe Facebook, de publier un message qui vous présente, de partager le groupe auprès de vos contacts et de remplir le formulaire mis à votre disposition. Ce dernier permet de recueillir toutes les informations concernant votre activité et votre situation actuelle. La rubrique “Témoignage” est ici fondamentale, car elle vous donne la parole, l’occasion de nous livrer de façon confidentielle votre histoire singulière. Grâce à ce formulaire, nous pouvons vous répertorier dans les 96 catégories professionnelle déjà existantes. L’avantage de la plateforme Facebook est de donner accès à cet annuaire vivant 24h/24, tout en faisant office de forum où chacun peut échanger avec l’autre de façon spontanée et efficace. Nous avons le projet de développer prochainement des réunions dans 4 grandes villes d’Israël pour commencer. Leur but sera de concrétiser les rencontres, d’offrir du coaching en business, de travailler sur sa confiance en soi, et d’échanger avec des partenaires potentiels. 

Quelles sont en quelques mots les valeurs fondamentales qui feront de l’Union des Indépendants en Israël la porte d’entrée vers une Alyah solidaire, et souhaitons-le pour tous, heureuse et sereine ? Utopie ou réalité possible ? 

Je répondrai spontanément : PARTAGE, ENTRE-AIDE, SOLIDARITÉ, ALLIANCE.

Et sans hésiter une seule seconde, je vous dirai qu’on est face à un rêve réalisable. Il suffit de s’en donner les moyens. C’est précisément la mission de l’Union des Indépendants en Israël qui en identifiant les problèmes auxquels les indépendants francophones font face que nous parviendrons ensemble à y remédier. Aujourd’hui, on vous tend la main pour que demain, nous puissions avancer main dans la main pour former une akhdut (une union).   

Qu’est-ce-que vous auriez envie de dire aux francophones à travers le monde qui souhaitent eux aussi faire leur Alyah prochainement ?

Vous ne devez pas avoir peur de l’ombre de la montagne sans avoir vu la montagne. Ça suffit d’avoir peur de la Peur. Mais l’Alyah n’est pas une aventure à prendre à la légère pour autant. Pour bien faire, il est essentiel de se préparer. Et deveniez ce sur quoi vous devez travailler le plus ? L’apprentissage de la langue ! Si vous savez parler et encore mieux, lire et écrire l’hébreu, vous trouverez votre place dans ce merveilleux pays qu’est Israël. Les israéliens font un très bon accueil à tous ceux qui font l’effort de s’adapter. En dehors de cette période dramatique, vous devez savoir que notre nation ne compte que 4% de taux de chômage. Notre tout premier ministre, David Ben Gurion, savait bien déjà à l’époque que : “Celui qui ne croit pas aux miracles en Israël n’est pas un réaliste”. Venez donc vérifier par vous-même ce que notre nation est parvenue à faire de ce désert aride en seulement 72 ans. 

Tout est possible, alors unissons nos forces pour bousculer les portes du Ciel et faire pleuvoir les miracles d’Hachem sur sa terre. 

Mes sincères remerciements au Roi du monde, mon mari Dan, Jonathan Doukhan, Natalie Cohen Chemama, Nathalie Procho, Europe Israël, Futé Magazine, Trouver en Israël, Qualita, Radio Chalom, Claudine Douillet -Alliance, Eli Semama -Jboost, Maître Jordan Zagdoun, Elisabeth Lancry, Philippe et Stéphanie Sarfi, Ilan Guedj, Jessy Taieb, Yaël Nadjar de l’agence média Sidewalks, William Afri, Hava Mélanie Oz pour avoir accepté de réaliser cet article bénévolement et à toutes les personnes qui continueront à soutenir ce beau projet. 

Groupe Facebook : Union des Indépendants en Israël

Pour effectuer un don, vous pouvez remplir le formulaire sur le groupe FB, et on vous contactera dans les plus brefs délais.  

ITW à paraître très prochainement sur Trouver en Israël online et version papier et beaucoup d’autres magazines franco-israéliens, car l’union fait la force !

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