Jérusalem sous la plume de Chateaubriand

Il est si émouvant de lire des hommages venant des nations en faveur de notre peuple, tant ils sont rares. Sous la plume de Chateaubriand, la Jérusalem de 1811, nous apparaît comme un tableau vivant où le pittoresque de nos racines ancestrales devient réel, tangible. C’est en silence, dans l’ombre que nous avons attendu notre Jérusalem désormais retrouvée. Le célèbre écrivain des Mémoires d’outre-tombe et Ministre des Affaires étrangères de la France, prend conscience de la force de notre Emouna et de la transmission de notre Torah à nos enfants. Il ne serait guère étonné de voir notre peuple retourné sur sa terre à attendre avec bitakhon (confiance en sa Emouna, sa foi) la reconstruction du 3e Temple, Toujours au même endroit en train de prier …

L’extrait qui suit est tiré de Voyage en Orient, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, Chateaubriand, 1811

« Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le temple; voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Épris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira, pendant la nuit, l’enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l’ombre du temple de Salomon.

Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’ils faisaient il y a 5000 ans, Ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion.

Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer.

Les Perses, les Grecs, les Romains ont disparu de la terre: et un petit peuple, dont l’origine précéda celle de ces grands peuples, existe encore sans mélange dans les décombres de sa patrie. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. »


Photos : Félix Bonfils, « Jour de prière des Juifs de Jérusalem au Mur des Lamentations – Ancien temple de Salomon », vers 1865

Le mur des Lamentations de nos jour. Am Israël Haï !

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