Pourquoi mes p’tits loulous ont aimé l’atelier philosophie « Les enfants de Socrate »

La semaine dernière, mes enfants âgés de 8 et 10 ans ont fait un cours d’essai de Philosophie.

Finalement, la Philosophie devrait commencer dès l’école primaire. Qui d’autre sinon les enfants sont le plus apte pour poser des questions, interroger le monde et eux-mêmes ?

Perso, mes loulous parlent en permanence, mais pas pour ne rien dire. Chaque prise de parole, en dehors de leur éternelle querelle, est un questionnement fondamental qui réclame une réponse claire ; un problème existentiel qui demande à être résolu ici et maintenant. Vous connaissez, je suis sûre que vous devez avoir le même genre chez vous.

Or, certaines choses nécessitent un long procédé de réflexion, peut-être aussi accepter que tout ne peut pas être blanc ou noir, limpide comme de l’eau de roche. Et maman ne sait pas TOUT.

Ils me posent un nombre incalculable de questions et de problématiques par jour. Tout y passe, comment notre monde fonctionne, la nature de leur sentiment et celle des autres, l’incohérence du quotidien et les réactions des gens qui les entourent ; sans oublier les questions sur notre Torah et sur l’identité d’Hachem, son origine, son rôle, ses attentes envers nous, notre rôle, notre libre arbitre etc., Etc.,  Autant vous dire que je prends très cher tous les jours, et encore plus pendant shabbat. J’ai beau maîtriser, dans ses grandes lignes, le sujet de la parasha de la semaine, ils savent me dérouter par la quantité de questions précises et pertinentes.

Je m’étonnes parfois qu’ils ne les aient pas posées à l’école. Leur Rav (juste ma fille a bifurqué en école française et laïque depuis 9 mois, mais avant elle était en école mamla’hti torahni) est pourtant le mieux placé pour répondre à toutes leurs questions. Mais il faut croire qu’avec maman, c’est tellement plus intime. Et maman est un génie bien sûr !

Alors, quand j’ai entendu parler des Enfants de Socrate, un cours de philo pour petits qui leur offrirait un espace de parole en dehors de celui de l’école, de la maison et du psy (pour ceux qui sont concernés) je me suis tout simplement dit Bingo. Voici enfin un relais, un lieu sans jugement ni moquerie, où chacun peut exprimer sa pensée, apprendre à la formuler, à la structurer.

Devenus israéliens très jeunes, mes enfants n’ont pas de problème de timidité et de prise de parole en public. Au contraire, et j’aimerais également par cette initiative leur apporter la conscience et la valeur des mots sans leur retirer leur spontanéité. Seulement un filtre de réflexion qui leur permettrait de faire un petit bout de chemin avant le passage à la parole, un sentiment de bien-être face à cette multitude de points d’interrogation qui peut les submerger. Et apprendre à écouter les autres, avec de l’intérêt si vous voyez ce que je veux dire.

En bref, leur apporter du Seder (ordre) et de la confiance en eux.

Bien que l’étude de notre Torah soit un exercice de choix en la matière, il m’a semblé qu’une vision supplémentaire pourrait les aider à ouvrir d’autant plus leur esprit. J’espère 🙏.

Parmi la multitude de questions existentielles, un jour, ma fille qui avait alors 8 ans, me demande de lui raconter l’histoire du livre Le mystère de la patience de Jostein Gaazder que j’etais en train de lire, de relire (lors de ma première lecture, j’étais adolescente).

J’essayais de faire simple (sans doute l’exercice le plus difficile) : c’est l’histoire d’un papa et de son fils qui partent à la recherche de leur épouse et maman partie vivre dans un pays lointain il y a bien longtemps, on ne sait pas trop pourquoi. Dans cette histoire, il y a une autre histoire qui va aider le garçon à comprendre des choses sur lui-même et sur sa famille. Une histoire qu’il est en train de lire pendant son voyage. Oui les deux histoires sont liées. Dans la seconde, un homme fait naufrage sur une île déserte où il a, pour seule compagnie, son jeu de cartes. Après de nombreuses années, les cartes prennent vie par la force créative de sa pensée et de sa volonté. Ce monde « autocratique » (oui je m’étais emballée et avais osé lui sortir ce mot) -monde qui vit selon ses propres lois et replié sur lui-même – fonctionnait parfaitement bien jusqu’à l’apparition du Joker, celui-là même qui ne rentrait dans aucune case et se posait des questions, et pire encore en posaient autres cartes.

J’avais essayé de faire des ponts entres les deux mondes pour leur indiquer la force de suggestion d’une idée tant  imagée soit-elle. Sasha avait naturellement rebondi dessus, tout en ingurgitant son dîner, que si D. a créé notre monde, qui a créé D. ? En sommes, qu’elle est l’histoire qui a mise la nôtre en abîme ?

Du haut de ses 8 ans, elle avait compris le propos du livre. Et moi je me suis trouvée bien bête face à sa pertinence. Pour ne pas avoir à dire « euhhh, j’en sais rien », j’ai continué en posant d’autres questions. Un échappatoire tout en douceur qui appelle à la réflexion ?

Autant vous dire que lorsque j’ai entendu parlé de ce cours de philo pour kids la semaine dernière, je me suis dit, que ça alors, c’était une belle initiative !

Selon l’âge de notre enfant, Joël Colin organise des ateliers adaptés par thème. La semaine dernière, leur cours d’essai portait sur l’Amour. Olalala ici ça a été le coup de foudre ! Grâce à Zoom, des enfants francophones du monde entier peuvent se retrouver chaque semaine pour former une communauté de p’tits philosophes en herbes. Sans doute une jolie amitié en devenir.

Et la bonne nouvelle, il reste encore quelques places pour cette année. 👇

Les enfants de Socrate

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