La photographie, l’art de raconter une histoire ?

Vous êtes plutôt noir & blanc ou couleur ?

J’avoue souvent hésiter, même si finalement je penche pour la couleur. Peut-être est-ce parce que TLV est multicolore et qu’il semble difficile d’y échapper. Paris, quant à elle, est magique en noir & blanc. Et pourtant, peu importe la carnation du lieu, tout dépend en vérité de ce que l’on souhaite raconter.

Si entre les deux mon coeur balance, c’est parce qu’il me semble basculer d’un univers à l’autre. L’ambiance est si différente, le sujet pourrait presque changer de nature profonde. Pour certains, le noir & blanc est presque un sacerdoce. Et force est de leur reconnaître que la lecture y est douce, envoûtante, parfois même magnétique.

Hier matin, tandis que je marchais jusqu’à la voiture, j’ai croisé un vieux monsieur qui se baladait. Il était contemplatif, immobile au milieu de ce carrefour désert presque piéton de Névé Tsedek. D’emblée, il m’a semblé que le noir & blanc lui siérait parfaitement, traduisant l’introspection peut-être de ce moment si spécial. Tandis que je marchais à vive allure, toujours pressée par mon quotidien multi-taches, je n’ai même pas pris le temps de m’arrêter pour prendre la photo. En le croisant, il m’a interpellé et je me suis simplement retournée pour capturer cet instant de vie qui contrastait avec le mien.

Vous arrive-t-il d’imaginer ce que peut être la vie des personnes que vous croisez dans la rue ?

Je dois vous avouer que je ne peux m’en empêcher, même quand le temps me presse, peut-être plus encore parce que le temps me manque.

Et depuis que je suis en Israël, je suis encore plus fascinée par l’histoire des gens. Tout le monde ici vient d’ailleurs, portant sur son dos son sac à Histoire. D’où vient-il ? Quelle est sa vie ? Dans quelles circonstances lui ou ses parents sont-ils montés en Eretz ? Comment se sont-ils adaptés, imposés ? Quelles sont ses joies? Ses tourments ? Quelles langues parle-t-il ? Dans laquelle rêve-t-il la nuit ?

La photo, plus largement l’image peut souvent être le point de départ d’un propos, d’une histoire. Et c’est d’ailleurs l’un des aspects majeurs de mes chroniques. Le visuel va éveiller quelque chose en moi que je vais avoir envie d’exprimer, de partager avec vous.

Voici maintenant une série de clichés d’une maison aux allures délabrées tout en bas de la rue chelouch. Avant le confinement, nous aimions regarder la cour intérieure où vivaient deux coqs. Ils ont déserté les lieux depuis. Cet endroit a toujours attiré mon regard. Il a quelque chose d’authentique à TLV. Une sorte de vestige du passé encore vivant, actuel qui résiste à la pelleteuse de la modernisation en marche.

Peut-être est-ce que c’est parce que les coqs intriguants ne sont plus là pour m’intimider que j’ai osé m’y aventurer, pénétrer dans cette cour privée qui pourtant invite le visiteur à rentrer. Portes et volets clos, tout porte à croire que la vie s’en est allée ailleurs.

Et je vous avoue qu’ici aussi je ne parviens pas à arrêter mon choix sur du noir & blanc ou de la couleur.

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