Le Journal d’Anne Frank

Extrait du Mercredi 8 Juillet 1942

Anne s’adresse à son journal intime qu’elle a personnifié en le prénomant Kitty.

Sasha en redemande tous les soirs. Daniel n’écoute qu’à moitié. Jusqu’ici, elle parlait de copines qui ne sont pas vraiment des copines, de garçons qui sont tous amoureux d’elle, mais elle, elle aime que Peter. Et Peter fait semblant de ne pas l’aimer. Mais voilà, on rentre dans le vif du sujet… Le prochain texte commence dans la cachette. Nous verrons bien comment ils réagissent. Ils risquent juste de me dire avec désinvolture « bon, et si on lisait autre chose ». Je les ai prévenus, mais il y a eu une attirance pour la couverture. La maîtresse en avait parlé l’année dernière déjà. Mais bon, comme il lui arrive de pleurer en regrettant de ne pas avoir connue les soeurs et parents de mon grand-père déportés à Auschwitz, je redoute la lecture.

Je peux vous confier un secret ? Je ne l’ai jamais lu avant cette semaine. En revanche, lors de mon seul et mémorable séjour à Amsterdam, j’ai visité la cachette des Frank. Cela fut l’une des expériences les plus singulières de ma vie. D’autant que beaucoup de visiteurs se pressaient les uns contre les autres pour passer les petites portes, monter les étroits escaliers du grenier, faire la queue pour descendre par une trappe. Dans ce lieu confiné, étriqué, bas de plafond, lugubre, j’ai eu la nausée. La chaleur m’est montée à la tête. Se retrouver face à l’Histoire enfermée dans leur cellule, avec tant de visiteurs qui bougeaient autour de moi, m’a donné le tourni, et je n’avais plus qu’un objectif en tête, sortir de là, immédiatement. Je me souviens avoir ressenti une sensation semblable à l’âge de 8 ans quand je visitais la cellule de Marie-Antoinnette à la Conciergerie sur l’île de la Cité à Paris, la foule en moins.

Je vais vous faire une seconde confidence. J’espère ne pas à avoir à en lire davantage. Je suis tant chargée de notre histoire familiale que j’éprouve de plus en plus de mal à en entendre parler… J’en ai entendu beaucoup au demeurant, lu sur le sujet comme notamment Une vie de Simone Weill qui raconte avec précision sa vie d’avant, pendant et d’après. Mais j’avoue, je sature.

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