Des minous tout doux…

Ces deux-là sont des champions du monde de la câline. Et Simba 💛 n’est jamais loin pour rivaliser de léchouilles. Vous savez quoi, on n’a jamais assez de câlins, surtout en ce moment.



Au Seger (fermeture générale), vous m’ajouterez bien un « bidoud » (confinement) de contact pour mon fils. Ce sont les risques de l’école… Qui aurait cru dire un truc pareil un jour ?
PCR n°1 fait. Plus de 48 h qu’on attend les résultats. Je ne supporte plus l’idée de l’enfermement. A force de répétitions, je fais une over dose. Il me semble, qu’en dehors de cet été, nous n’avons pas eu de répit.
L’autre soir, je continuais ma lecture d’Anne Frank aux enfants, quand je tombais enfin sur la lettre de trop, pour moi.
Depuis plusieurs pages déjà, ça montait gentiment en puissance quand Anne finit par éclater en partageant sa crise d’angoisse liée à l’enfermement. Une crise de folie, où son écriture s’affole et s’exclame à mesure que sa respiration se saccade et son coeur bat la chamade et opresse sa poitrine. Elle a chaud, et j’ai chaud avec elle. Elle a peur, et je tremble pour elle. La tête lui tourne, et ma vision se trouble. Je demande mes lunettes de vue. Je continue, mais bien malgré moi. Et je m’arrête nette. Je n’en suis pas capable. Ce n’est pas une honte. Je leur explique que leur papa pourra leur lire ce journal intime mieux que moi. Je me sens d’humeur pour les fées et autres personnages magiques. Des dragons, et des quêtes à l’autre bout du monde. J’ai la nausée, je voudrais sortir courir, mais je suis épuisée, moralement, physiquement, je ne sais plus. J’ai commencé mes recherches personnelles sur les vaccins Pfizer et Moderna. Je trie, checke les sources. Tandis que le monde nous regarde avec attention, heureux de nous avoir comme cobayes, nous nous félicitons de notre prouesse. Sur les réseaux sociaux, on assiste à un débat acharné entre Pour et Contre. Les Pour sont taxés d’être payés par les firmes et les Contres d’être des saltimbanques de complotistes. J’ai la nausée. Et pardon si je n’arrive pas à trouver en Anne une forme de réconfort. Je ne suis pas si forte que vous. Je fatigue, je m’épuise.

Bien sûr qu’à cela vient s’ajouter des problématiques personnelles complexes, à moins que ce soit l’inverse. J’imagine souvent que les épreuves sont plus faciles à vivre en français, là où tout m’est familier, là où je trouverais un peu de relai. Mais nous sommes ici. A l’Alyah survient plusieurs descentes, et à chacune d’entre elles, je me demande jusqu’où j’irais donc. Je ne suis pas challengeuse, je ne mange pas de ce pain là, surtout quand il s’agit de ma famille. Pourtant, quelque chose me hurle qu’on n’a pas choisi le plus simple, et qu’à y regarder de plus près, on ne transpire pas non plus l’épanouissement. L’Agence Juive ne nous prendra pas en exemple, à n’en point douter. J’aime Israël et c’est inconditionnel. Mais je suis consciente de ses travers, même ceux insoupçonnés. Cela me désole, mais ne m’étonne pas. Je ressens du plomb dans mes baskets. Je ne parviens pas à bouger. Sans doute que je dois rester. Et pourtant, sur le papier, je n’ai rien à faire ici. Je ne suis pas bilingue, et ne trouve pas le temps ni les moyens de l’être, je suis sans arrêt en train d’essayer de comprendre des choses simples. Je me sens souvent débile, incomprise. Et par mon incapacité à maîtriser langue et culture, je me bats contre des moulins à vent pour un résultat pathétique. Ici, on se bat pour tout, ce n’est pas une critique mais un constat, un mode de fonctionnement. Je n’ai pas l’étoffe d’une Amazone. J’aimerais juste qu’on me foute la paix parfois. C’est étrange, car je ne rêve pas de ma vie d’avant pour autant, même si je suis convaincue maintenant qu’elle aurait offert plus de confort à ma fille. Je ne la savais pas malade avant de partir, sans quoi tout aurait été différent. Je reste connectée à Hachem, mon Papa. En ce moment, je m’engueule un peu avec lui, et puis je m’excuse. Je lui dis qu’il a intérêt à me pardonner puisque c’est lui qui m’envoie ces myriades d’épreuves. Il n’y a pas si longtemps, une amie de Paris me dit qu’elle lit le blog avec plaisir et que ça lui permet de prendre des nouvelles au quotidien. Et je réalise que pour une chronique écrite, il y a un monde qui s’est passé. Souvent mes copines d’ici, surtout mon ancienne voisine, me disent que c’est sans cesse rocambolesque. Oui ça l’est, et surtout c’est du non-stop.

Avec le blog, je me détends. Je fais le choix d’écrire que ce que je m’autorise à rendre public. Sans doute que si j’écrivais une journée de A à Z, j’aurais plus de succès. Mais là n’est pas mon objectif. Je choisis mes mots, sachant ce qui se cachent dessous. Je ne sais pas si on écrit un blog pour faire une auto-thérapie, pour le fun, pour transmettre, partager, faire sa Kevina comme ma taquine mon mari, etc. Etc. Je ne sais pas. Seulement, que j’ai besoin d’écrire. C’est une nécessité, comme de respirer et de manger, surtout en ce moment. Oui, je bois suffisamment. L’étude de la Torah, enfin le peu que je fais, me permet de garder la tête hors de l’eau, et me rappelle que je suis au bon endroit, même si l’endroit n’est pas encore prêt. Et bien que la pratique nous élève un peu de notre animalité, je n’ai jamais eu autant besoin de câlins. Mes copines me manquent, j’aimerais les prendre dans mes bras pour pleurer un bon coup parfois ou simplement rire haut et fort. J’aimerais entendre plus de mots doux. Mais je me rends compte que je n’en dis qu’à mes enfants et à mes trois « garçons » (vous savez, mon labrador blanc Simba la Brute la plus gentille de la planète, mon ado de chat noir Cosmo le Doux, et mon bandit de chaton Tigrou le Truand). J’ai envie de dire Pardon à tout le monde, et j’ai envie de me battre non stop. Vous n’imaginez même pas à quel point, surtout quand il s’agit de mes enfants qui sont atteints. Je passe mon temps à ronger mon frein et fermer ma bouche. Je compose. Je dis les choses qui doivent être dites. Je me bats pour ce qui constitue un intérêt fondamental. Pour le reste, je compose, je subis peut-être au passage. Je devrais faire plus de sport pour sortir ma rage. Au lieu de ça, pfffff, non je ne le dirais pas ici et pas aujourd’hui. Tout ceci a commencé pour vous parler de câlins et d’amour. Et la disgression a pris le dessus. J’étouffe. Un peu, beaucoup. Je voudrais briser les murs. Je voudrais me réveiller. Je sais bien que j’ai une décision à prendre, mais je ne sais pas laquelle. Pas encore.

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