Le judaïsme à la française en Israël

It’s not my dog.

I’m just lost.

Ce matin, au parc à chien (oui, je sais, ma vie paraît des plus passionnantes, mais je l’aime quand même beaucoup), il y avait un dog walker (un gars qui promène les chiens du quartier) était en pleine discussion avec une autre propriétaire de chien.

Je sais, vous devez vous dire, mais qu’est-ce qu’elle va nous raconter avec son chien ? Attendez une seconde. Ça ne concerne pas nos amis à quatre pattes.

Juste pour le contexte, je vous dirais qu’il y avait une meute impressionnante de chiens de taille mutante. J’ai réfléchi à 2 fois avant de pénétrer dans l’enclos avec Simba, mon labrador de 6 mois, « capitaine courageux », et mes deux loulous. Ce fameux gars m’a dit « ok welcome, it’s ok, you can come !! » J’ai vraiment pas la tête de la fille qui parle hébreu. C’est tellement vexant parfois. Je parle quand même un peu, assez pour tenir une discussion de 5 min en tout cas.

Il y avait tellement de chiens autour de moi que, ne trouvant pas ma place, je me suis assise sur un banc. Et, j’avais un peu la tête ailleurs, j’avoue. Ma fille a toujours le don de capturer des clichés de moi en pleine action de la vraie vie, sans fards, de façon qu’en les découvrant dans ma galerie photos ensuite, je sois bien forcée de me remettre en question perpétuellement.

Donc, j’avais la tête ailleurs, mais mon oreille traînait là où la voix du fameux gars se faisait entendre jusqu’à Eilat. Décidément convaincu qu’aucun de nous 3 parlaient un mot d’hébreu, il a commencé à se lancer dans un débat qui m’a surprise et dont nous étions le coeur même du propos.

Ça faisait comme ceci à peu de choses près :

« J’ai jamais vu des Dati (religieux) comme eux !! D’où sortent ces gens ! Le fils est Hahedi, la mère est couverte du cou aux pieds, mais pas la tête, et la fille est en pantalon. »

J’étais vexée comme un poux et énervée qu’on nous juge haut et fort sans la moindre délicatesse.

Mais je travaille actuellement sur le CHALOM. Et le faux Bélier que je suis (contrarié par le poisson en Hadar Cheni) expérimente les voix impénétrables du silence. On verra bien si à force de traverser les affronts avec panache, je ne ravale pas au passage un peu de ma colère et que je ne finisse pas, un jour, par tout déverser sur un(e) pauvre innocent(e). Qu’Hachem m’en préserve, enfin l’innocent(e) surtout. Finalement et étrangement, je dois l’avouer, le contact avec toutes ces boules de poils m’a adoucie. Et puis, je ne vais pas passer mon temps à me justifier en racontant ma vie. Déjà que moi-même ça me saoule, sauf ici et avec vous bien sûr (faut bien que ça sorte), je prends le parti d’être pour les Israéliens une sorte de curiosité venue d’une autre planète.

Et après, on me reproche de ne pas compter parmi mes amis proches des Israéliens, les « born and raise », vous savez, ceux qui se prétendent authentiques et légitimes et qui ont moins de 50 ans.

Nous autres étrangers ne rentrons dans aucune de leur case hermétique.

Si vous voulez savoir le fond du problème, ce n’est pas tant les cases qui me dérangent, mais le fait qu’elles soient complètement hermétiques.
Chacun reste dans la sienne se gardant bien de se frotter à celle de l’autre, sait-on jamais ça pourrait leur plaire. Et en même temps, quand on y songe, vous imaginez le balagan s’ils décident de se mélanger ou seulement de se comprendre ? Au pays du Balagan justement, on aime l’ordre. Pas question de chercher à comprendre un énième paradoxe. Israël, on l’aime un point c’est tout. Parce que comme nous enseigne la Torah, là où réside la sainteté fulmine la vermine. L’idée est là, je me suis simplement autorisée une largesse sémantique. Alors, on compose, avec le sourire ou pas. On s’en fiche un peu avec le masque, on peut aussi faire la gueule de temps en temps. Mais je ne fais pas la tête sur la photo, je vous assure. Je suis juste décalquée à la suite d’une nuit d’insomnie. J’ai arrêté de fumer et physiologiquement, je suis dans un état second, un peu perchée sur la lune non stop, avec, en même temps, l’envie de courir le marathon, ou de défoncer les murs, j’hésite.

Voilà, vous avez compris, le judaïsme à la française dépasse les clivages de la société israélienne. Et c’est tant mieux. Ça apporte un peu de renouveau. En cette période de Renaissance à l’occasion de Toubichvat, que l’on sait être le moment où tant la nature que les neshamot reprennent un nouveau souffle, je vous souhaite chers olim français et d’ailleurs d’aimer et de cultiver votre différence. On sait bien qu’au final, on s’aime tous les uns et les autres comme nous-même, c’est pas moi qui le dis.

Belles fêtes à tous et plantez des graines 💕💋

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